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"Je ne m’en consolerai jamais" met en jeu des fragments de mémoire, des textes de Péguy et une silhouette, celle de Dreyfus : ce corps exposé et incapable d’incarner l’affaire qui porte son nom. Charles Péguy, qui a engagé toute sa jeunesse dans le combat dreyfusard, a laissé au travers de ses écrits politiques un témoignages amer sur l’affaire Dreyfus. La récupération de cette bataille, les petits arrangements de la fin de l’affaire - masquant les véritables enjeux de ce combat - ont généré chez lui une pensée inquiète, préoccupée, mais écrite dans une langue propre à tenir l’esprit en éveil.


La création de ce spectacle s’inscrit dans la continuité d’une collaboration entre le Théâtre des opérations et le collectif de musique improvisée L.F.E.M. Leur désir de travailler ensemble s’est concrétisé, depuis 1999, par la mise en place d’un espace de recherche sur le frottement entre théâtre et musique. Différents artistes s’y retrouvent pour des sessions de travail de deux semaines, au cours desquelles des soirées publiques sont également proposées. "Je ne m’en consolerai jamais" est la première création résultant de cette collaboration.


"Fulgurer pour figurer. Chercher la lueur dans l’éteint. Renaître à la parole. Il n’y aura pas de reconstitution du procès Dreyfus, pas de commémoration. Nous nous sommes attachés aux écrits politiques de Charles Péguy, à cette pensée perpétuellement visitée par l’échec de cette affaire, à la langue de cette pensée acharnée à ressaisir du réel ; en deçà du procès établi par l’histoire.

Avec le témoignage de Péguy sur l’affaire Dreyfus, avec les présences d’acteurs et de musiciens sur la scène, il s’agit d’émettre non des discours mais ce qui nous reste de signes, de sons, de paroles pour continuer à être, à tenir bon dans l’écoute du monde réel."

Eric Houguet


Cette création est conçue comme un triptyque dont chacune des trois séquences est marquée par un fragment de pensée de Charles Péguy : Notre Jeunesse, et A nos amis, à nos abonnés. Les séquences sont coupées par deux inter scènes où apparaît une figure féminine (figure de l’histoire ou ange guerrier) tirant la menace d’une lutte fratricide (poème de Péguy Les sept contre Thèbes).

Chaque séquence est une réflexion sur la présence et l’incarnation, le corps et la vérité. Acteurs et musiciens sont en jeu permanent sur le plateau, parfois s’accompagnant, parfois interférant l’un sur l’autre ou se perturbant, ou bien encore se laissant la place.

La question de la présence est autant de la responsabilité du musicien que de l’acteur. Les musiciens mènent tout autant que l’acteur une réflexion sur les textes utilisés, y puisent des référents pour l’improvisation musicale. Ils apportent également au drame des référents proprement musicaux en lien avec le sujet de l’affaire Dreyfus : musiques militaires, musique mécanique, musique sacrée, populaire... La musique prend en charge a certains moments l’action scénique : par exemple, ce sont les musiciens qui entrent dans une joute instrumentale pour le combat entre Etéocle et Polynice, alors que les acteurs ne jouent pas cette situation.

Les répétitions qui ont débuté en juillet à La Fonderie au Mans se prolongeront au Théâtre de la Paillette du 10 au 16 novembre et au Théâtre du Cercle du 19 novembre au 16 décembre 2001